ASMBL.Composer la vôtre

Une note de l’atelier

Ce que vous payez

Ce qui entre vraiment dans une montre assemblée à la main : les composants, le mouvement, et le temps. L'inventaire, sans détour.

3 min de lectureRelu en septembre 2026

Une montre sur mesure ne se chiffre pas comme un modèle de catalogue. Il n'y a pas de tarif, parce qu'il n'y a pas deux montres identiques. Alors voici l'inventaire : ce qui entre dans la vôtre, dans l'ordre où je le paie.

Les composants que vous avez choisis

C'est la part qui varie le plus, et c'est vous qui la décidez. Un boîtier, un verre, une lunette et son insert, un cadran, un jeu d'aiguilles, un bracelet, une couronne. Chaque pièce vient d'un fournisseur différent, et j'en suis vingt-deux.

Deux montres qui se ressemblent de loin peuvent avoir le simple au double d'écart ici. Un cadran en pierre véritable, un verre bombé, un boîtier de trente-neuf millimètres poli à la main : ce ne sont pas les mêmes objets qu'un cadran imprimé et un verre minéral. Je vous dis ce que chaque choix coûte au moment où vous le faites, pas à la fin.

Le mouvement

Un mouvement automatique Seiko (SII/TMI), calibre NH35, NH36, NH38, NH34, NH70, NH71 ou NH72 selon la pièce. Entre 80 et 120 euros.

Je le donne parce que je n'ai aucune raison de le cacher, et parce que c'est le chiffre que tout le monde cherche. Il pèse peu dans le total, et c'est vrai chez tout le monde : le mouvement n'a jamais été la montre. Ce qui compte, c'est qu'il tienne l'heure et qu'il se répare partout, dans dix ans, chez n'importe qui. C'est exactement pour ça que je l'ai choisi.

Les fournitures d'atelier

Les joints, les huiles et les graisses. J'utilise du Bergeon, suisse, parce qu'un joint mal graissé laisse entrer l'eau deux ans plus tard et qu'on ne le voit pas le jour de la livraison. C'est une petite ligne, et c'est celle qu'il ne faut jamais raboter.

Le temps

C'est la part la plus grande, et la seule qu'une photo ne montre pas.

  • L'échange. Comprendre ce que vous portez, ce que vous cherchez, ce que vous ne voulez surtout pas. C'est là que se décide si la montre vous ira.
  • La recherche des pièces. Trouver le cadran qui tombe juste sur ce boîtier, vérifier que les aiguilles ont la bonne longueur, que le verre existe dans cette courbure. Beaucoup de combinaisons ne tiennent pas. Il faut le savoir avant, pas après.
  • L'assemblage. Une pièce à la fois, sur un établi vide. Poser des aiguilles sans marquer le cadran demande la main et le bon outil.
  • La gravure. Le numéro au dos, et votre phrase s'il y en a une.
  • Le contrôle d'étanchéité. Sous pression, avec un chiffre que je note et que vous gardez.
  • Le réglage, repris deux jours plus tard. Une montre qui sort de l'établi ne marche pas encore comme elle marchera. Je la laisse tourner, je réécoute, je reprends.

Ce qui coûte, au fond

Une montre occupe l'établi seule, du premier échange à la livraison. Il n'y en a jamais deux en même temps, et il y a trois places par mois.

C'est ça que vous achetez : pas un objet sorti d'une ligne, mais six semaines pendant lesquelles quelqu'un s'occupe de votre montre et de rien d'autre. Le reste, les composants et le mouvement, se trouve. Le temps, non.

Si cette manière de compter vous parle, écrivez-moi, ou allez composer la vôtre.